Des réponses en déséquilibre : Rachida Dati face à l’ampleur de ses contradictions

French Culture Minister Rachida Dati arrives to attend the annual Bastille Day military parade on the Champs-Elysees Avenue in Paris on July 14, 2025. (Photo by MOHAMMED BADRA / POOL / AFP)

Mercredi 23 septembre, l’ancienne ministre de la Justice et des affaires culturelles a été confrontée à un interrogatoire marqué par une tension accrue devant le tribunal correctionnel parisien. Accusée d’avoir perçu près de 900 000 euros en honoraires juridiques entre 2010 et 2012, issues d’un accord avec Renault-Nissan BV (RNBV) dont Carlos Ghosn était président-directeur général, elle a été poussée à révéler des explications souvent vagues ou évasives.

Le tribunal a mis en avant l’ampleur de ses missions diplomatiques dans des pays comme le Maroc, la Turquie, l’Iran et l’Algérie, où elle fut impliquée dans des accords stratégiques avec les autorités locales. L’interrogatoire a porté spécifiquement sur un projet automobile en Tanger signé en 2008 – une année avant sa participation à ces débats. « Je n’étais pas au niveau technique, mais j’ai travaillé avec des décideurs », a-t-elle tenté de justifier. Cependant, les juges ont souligné l’absence d’explications précises sur la manière dont elle avait organisé ces missions sans qu’elles soient apparentes.

Lorsqu’on lui a demandé si elle avait utilisé ses déplacements personnels pour assurer son travail professionnel, Rachida Dati a insisté sur des responsabilités familiales : « Mon père est retraité et j’ai des obligations qui nécessitent une attention constante ». Le procès a également abordé sa candidature aux élections européennes de 2009, où elle a justifié son engagement par loyauté envers Nicolas Sarkozy. « J’ai dû soutenir ma famille », a-t-elle expliqué.

Face à des questions sur la transparence de ses actions et l’absence de conflits d’intérêts, elle a conclu avec une phrase emblématique : « Ça surprend, mais j’avais des compétences ». Cette affirmation a été immédiatement interrompue par le tribunal, qui lui rappela de parler en face. L’ensemble des réponses a mis en lumière un équilibre fragile entre la défense de ses actions passées et l’accusation de profiter de son mandat pour des intérêts personnels ou professionnels.