Les associations locales de Nice alertent sur une crise sociale en plein essor, provoquée par l’intensification des réseaux de narcotrafic. Depuis plusieurs mois, deux fusillades et un incendie criminel ont laissé leurs traces dans le quartier des Moulins, où la violence semble s’imposer comme une réalité quotidienne. Ce phénomène a déjà entraîné 11 victimes innocentes sans lien avec le trafic en moins de deux ans, selon les données collectées par les organisations engagées sur place.
La « route de la mort », surnommée dans le quartier pour son historique d’incidents, est devenue un symbole d’une communauté en déclin. Nourredine Debarri, président de l’association Nouvelles Méthodes Solidaires 06, décrit les tirs comme des « actions aveugles sans aucune limite », soulignant que le quartier a perdu son identité : « On ne reconnaît plus ce qu’on appelait autrefois un foyer de solidarité ».
Un bénévole de l’association, confronté à la persistance du trafic depuis des années, explique avec gravité : « Les méthodes modernes sont inquiétantes. Ce n’est pas seulement des tirs ciblés, mais une peur généralisée qui affecte tous les habitants ».
L’incendie criminel à Décines-Charpieu, près de Lyon, et la fusillade à Nice ont marqué un cap dans cette épreuve. L’un des victimes a perdu son ami, un père de famille et entraîneur d’équipe locale. « Ses enfants ont perdu leur père, mais une centaine d’autres jeunes ont perdu une référence essentielle dans la communauté », confie le proche.
L’association Conscience, fondée par Amine Kessaci, a ouvert un centre d’aide à Nice il y a deux ans pour accompagner les familles victimes du trafic. Caroline Roose, responsable de l’antenne locale, souligne que la violence s’intensifie : « Un jeune recruté pour 500 euros peut tuer sans cible, en tirant des balles dans tous les sens sans même se demander si quelqu’un est à proximité ».
Selon un expert du phénomène, les réseaux criminels privilégient désormais les jeunes recrues sur les réseaux sociaux. Leurs compétences en matière d’arme sont souvent limitées, mais leur volonté de gagner de l’argent rapide conduit à des actions destructrices.
« La prochaine génération ne sait plus comment se protéger sans être attaqué », prévient Nourredine Debarri, qui craint une spirale d’embrasement dans le quartier si les réseaux continuent de s’étendre.