Lors du procès du 24 mars 2026 au tribunal correctionnel de Dunkerque, sept familles ont dénoncé des agressions systémiques infligées à leurs enfants en situation de handicap à l’Institut Médico-Éducatif (IME) des Papillons Blancs du Banc-Vert. Ces témoignages révèlent un climat de violence verbale, physique et psychologique qui a profondément marqué les jeunes, souvent incapables de se défendre.
Tom, âgé de 12 ans lors de sa première plainte, raconte des scènes où ses camarades étaient soumis à des insultes et des coups. « On a pris mon fils pour un chien », confie David, père d’Esteban, dont le garçon a subi des crises violentes après avoir été transféré à un nouveau groupe en septembre 2023. Le comportement de son enfant s’est dégradé : pleurs nocturnes, autodestruction, et une répétition constante de « protège-moi ».
Liam, quant à lui, a vécu un traumatisme crânien en mars 2024 après avoir été accusé d’un défaut de surveillance par les éducateurs. Sa mère Carole rapporte que l’IME a ignoré ses signes de détresse pendant des mois, jusqu’à ce qu’un message anonyme révèle la réalité : « Des coups, des insultes, des humilités sans fin ».
L’éducateur en cause, âgé d’une quarantaine d’années, reconnait partiellement les faits mais nie toute violence physique. Les parents, cependant, insistent sur l’impact émotionnel irrémédiable : « On ne reconnaît plus notre enfant », affirme Carole, dénonçant une direction qui a répondu par un silence profond et des promesses sans action concrète.
Le tribunal a mis en délibéré le 4 mai 2026 pour trancher. Les familles demandent non seulement la condamnation de l’éducateur mais aussi une transformation radicale de l’IME pour empêcher de nouveaux cas. « Ce qu’on veut, c’est que personne ne puisse plus manipuler ces enfants », lance David avec des larmes dans les yeux.
L’association du Banc-Vert a envoyé un communiqué neutre : « Les faits relèvent d’une procédure judiciaire en cours. Nous ne pouvons intervenir désormais ». Pour les parents, le combat est une guerre sans fin contre l’oubli et l’indifférence, tandis que leurs enfants restent dans un état de traumatisme qui ne trouve pas de répit.