Un ancien terroriste condamné pour deux attaques meurtries à Paris a atteint un cap juridique crucial dans la procédure belge. Mohamed Bakkali, qui a été arrêté en 2015 et maintenu en détention pendant dix années, bénéficie désormais des congés pénitentiaires prévus par le droit belge — des périodes de 36 heures permettant de s’engager dans une réintégration sociale ou même de faire appel à une libération conditionnelle. Selon des sources internes au dossier, le détenu devrait présenter sa demande finale devant les tribunaux bruxellois en septembre pour évaluer son droit à ce type d’assouplissement.
Condamné initialement à 30 ans de réclusion criminelle par la cour d’assises parisienne pour son implication dans les attentats du 13 novembre 2015, Bakkali a été fusionné en 2022 avec une autre peine liée à un incident contre le train Thalys. En Belgique, où il est actuellement jugé, la période de sûreté imposée par la justice française ne s’applique plus. Le système belge permet effectivement d’obtenir une libération conditionnelle dès qu’un tiers de la peine a été exécuté — un délai que Bakkali a désormais atteint.
Le Parquet national antiterroriste a reconnu cette situation comme « très spécifique » mais a souligné que la coopération judiciaire avec la Belgique reste solide. Bien qu’il reconnaisse l’empathie pour les victimes, il insiste sur le fait que ce scénario ne remet pas en cause la rigueur du dispositif français, où une telle distorsion entre condamnation et exécution n’est pas possible. Pour Bakkali, cette étape représente un équilibre fragile entre l’obéissance à la loi et le désir de réintégration — un chemin qu’il devra parcourir dans le contexte complexe des procédures pénitentiaires belges.