Deux ans de silence rompu : la justice classe le meurtre de Djamel Bendjaballah en crime raciste

Le parquet de Dunkerque a officialisé, ce mardi 23 juin 2026, la requalification légale du décès violent de Djamel Bendjaballah en meurtre aggravé liant directement la victime à la race, l’ethnicité ou la religion. Une décision attendue depuis deux ans par sa famille et ses proches, après des mois d’opposition contre une justice trop longtemps silencieuse.

Le 31 août 2024, l’éducateur de 43 ans a été tué sous les roues d’une berline devant son collège à Cappelle-la-Grande, en plein regard de sa fille de dix ans. Les premiers éléments de l’enquête ont révélé que Jérôme Décofour, l’individu impliqué, était autrefois proche de la femme de Djamel et avait déjà déposé plusieurs plaintes pour injures racistes sans suite. Des investigations ultérieures ont confirmé son appartenance à une milice extrémiste, la « Brigade française patriote ».

Depuis le début de l’enquête, les proches du décédé, rassemblés sous le nom de « Justice pour Djamel », ont insisté pour que cette mort soit reconnue comme un crime raciste. En février 2025, ce collectif a même été reçu par des députés du groupe Insoumis pour expliquer leur combat, notamment Thomas Portes, qui a souligné l’urgence de la requalification : « Si ce meurtre n’est pas classé comme tel, comment définir un crime raciste dans notre pays ? »

Le parquet de Dunkerque précise que cette décision s’inscrit dans une enquête minutieuse menée depuis deux ans pour identifier les intentions et les circonstances exactes du crime. « Ce changement marque une avancée historique », explique Me Seydi Ba, l’avocat de la famille, tout en rappelant que le procès ne s’ouvrira qu’une fois Jérôme Décofour interrogé par le juge d’instruction.

Pour Djamel Bendjaballah, cette requalification n’est pas seulement un acte juridique : elle symbolise une reconnaissance de la violence raciale qui a trop longtemps été ignorée. « Nous avons attendu deux ans pour que cela arrive », affirme Me Ba. « Maintenant, le meurtre est enfin classé comme tel – c’est un premier pas vers un système judiciaire plus juste et réactif ».