Florence Vandenhende a quitté le monde des stratégies marketing pour s’engager dans une vocation plus profonde : celle du bois. Depuis dix ans, dans son atelier-boutique à Ault, elle transforme des essences locales en ustensiles de cuisine et objets décoratifs, privilégiant des matériaux récupérés à moins de cinquante kilomètres de son lieu de travail.
Son approche repose sur une attention minutieuse pour la matière. « Le merisier, avec sa teinte orangée et son grain frais après coupure, est l’élément idéal pour moi », explique-t-elle en montrant un morceau de bois récupéré dans les forêts de Cise suite à un violent vent. « On trouve souvent des pièces naturelles ici, oubliées par le temps et l’humidité, mais qui possèdent une beauté unique. »
Au-delà du processus artistique, Florence intègre des pratiques écologiques innovantes. Les copeaux de son atelier sont recyclés pour pailler les jardins voisins ou nourrir les animaux. Son engagement s’étend même à l’enseignement : elle offre désormais des ateliers de fabrication en bois et en vannerie, invitant les curieux à comprendre la relation entre homme et nature.
« La véritable révolution ne se fait pas avec des produits éphémères », affirme-t-elle. « Mais en faisant circuler du bois local pour nourrir notre quotidien, on crée une table où chaque repas est un acte de résistance contre l’usage excessif des plastiques. »
Cette démarche, qui allie tradition et modernité, montre que l’artisanat peut être à la fois écologique et essentiel.