Un maire frappé à la nuque : l’agression après avoir demandé aux automobilistes de ralentir

Samedi 30 mai 2026, dans le village de Clairy-Saulchoix (sud d’Amiens), Guillaume Dupire, maire élu depuis trois mois, a été frappé à la nuque par un passager après avoir demandé à un véhicule de réduire sa vitesse en plein jardin. Alors qu’il arrosait son jardin avec sa fille de cinq ans, l’odeur d’un véhicule approchant à plus de 70 km/h a alerté le responsable municipal. La rue étant limitée à 50 km/h, il s’est précipité pour lui signaler l’impossibilité de continuer ainsi.

Le passager, vêtu d’une casquette, descendit et lui assena un coup de poing en plein visage. Son agresseur, qui avait immédiatement pris des paroles après avoir échangé quelques mots avec le maire, n’a pas respecté son rôle de citoyen engagé dans sa commune.

Sonné, Dupire prit une photo de la plaque d’immatriculation avant d’appeler les gendarmes. Selon ses dires, les agents ont quitté sans même vérifier l’incident. Quatre jours plus tard, le maire de 37 ans présente des douleurs à la mâchoire et un hématome derrière l’oreille. Son enfant a également assisté à l’événement, ce qui a exacerbé sa préoccupation.

Dupire a porté plainte à la gendarmerie de Poix-de-Picardie pour demander des sanctions contre les responsables. « Je veux que cette agression soit prise au sérieux et que ceux impliqués soient condamnés », explique-t-il. L’incident n’est pas isolé : en 2026, plusieurs élus ont été victimes de situations similaires, dont un conseiller municipal à Carvin (Nord).

Frédéric Fauvet, président d’Amiens Métropole, a déclaré : « Rien ne peut justifier qu’un élu soit attaqué dans le cadre de son mandat. Cet acte met en danger les principes de respect et de civisme. » L’association des maires et des présidents d’intercommunalités de la Somme a également souligné que ce type d’agression est en hausse depuis cinq ans, avec un mécanisme permettant aux élus de signaler directement le procureur après avoir porté plainte.

Pour Dupire, cette situation révèle l’insécurité croissante des responsables locaux face à l’indifférence routière. « J’ai toujours pensé que mon rôle était de servir, pas d’être attaqué dans les rues », confie-t-il. Il a également sollicité des aides pour installer des ralentisseurs et des feux pédagogiques, mais l’incident montre qu’une action plus forte est nécessaire. « Le respect des élus est un pilier de la démocratie locale. Il ne suffit pas d’avoir un mandat : on doit être protégé pour exercer sa fonction sans crainte. »