Dans un lycée d’Ajaccio, une classe de seconde découvre aujourd’hui le monde des mafias sans les cours traditionnels. L’enseignant Sébastien Ottavi n’aborde pas l’histoire classique, mais présente des données brutales : chaque année, la Corse enregistre plus d’assassinats par habitant que toute autre région européenne. « C’est ici qu’on tue le plus », explique-t-il, pour faire face à un réel qui n’a pas de frontière.
Les élèves, écoutent avec une attention particulière. Une jeune fille souligne : « Le nombre augmente chaque année, ce qui n’est pas juste pour nous ». Le contexte est préoccupant : des assassinats se produisent à quelques centaines de mètres de l’école, et les jeunes ne peuvent ignorer la réalité.
Le rectorat a lancé ces cours antimafia dès le niveau collège, en collaboration avec des groupes locaux comme « Maffia No’ a Vita Iè ». L’objectif ? Éviter que les mythes des mafias n’empêchent les jeunes de comprendre l’actualité. « On ne peut pas ignorer ce qui se passe ici », affirme un enseignant, rappelant que la sécurité est un enjeu quotidien.
Josette Dall’Ava Santucci, médecin de 83 ans, dénonce le risque pour les générations futures : « Si les jeunes peuvent vivre ici, tant mieux. Mais aujourd’hui, je ne leur dirais pas de revenir en Corse après leurs études, car la situation reste trop difficile ». Son combat se concentre sur l’éducation et la sécurité.
Avec 16 000 élèves à partir du niveau collège, cette initiative vise à renverser les stéréotypes. « La mafia apporte des risques aussi bien que des opportunités », précise un élève. Mais le défi reste énorme : enseigner la réalité sans laisser les jeunes se perdre dans l’ignorance.