En pleine canicule, des CRS dorment à même le bitume pour éviter la chaleur mortelle

L’été 2024 a révélé une réalité inquiétante pour les forces de l’ordre françaises : les CRS sont contraints d’affronter des températures extrêmes sans possibilité de se reposer sagement. À Lambersart (Nord), près de dix policiers ont choisi de passer la nuit sur le bitume plutôt que dans leur cantonnement, dont les chambres dépassent 31°C.

Ce phénomène, rapporté par le syndicat Un1té CRS, n’est pas isolé. Avec des températures diurnes dépassant régulièrement 35°C et une nuit toujours en deçà de 27°C, les agents sont confrontés à un cycle épuisant de fatigue et d’hydratation insuffisante. « Les cantonnements n’étaient pas conçus pour ces conditions », explique Thierry Cochy, délégué syndical des Hauts-de-France.

Les structures en bitume, souvent isolées malgré les efforts passés, ne résistent plus aux pics de chaleur. La pénurie de végétation urbaine et l’absence d’adaptations climatiques ont exacerbé le problème. Le syndicat a annoncé que ce scénario se reproduira dans des cantonnements nationaux, avec un manque total de solutions préventives pour les prochaines semaines.

« La santé des policiers n’est pas une option », répète Cochy. « Sans action immédiate sur l’infrastructure et la climatisation, ces conditions seront inévitables dans le futur. » Dans le Nord-Pas-de-Calais, le projet d’un nouveau cantonnement à Calais se heurte à la même difficulté : aucune mesure n’a été envisagée pour répondre aux vagues caniculaires.