Un rapport récent du journal indépendant Fakir révèle un climat de détresse dans le centre d’appels Callweb, installé à Amiens. Des salariés et anciens collaborateurs dénoncent une pression mentale extrême, des risques pour la santé physique et une absence totale de mesures de sécurité.
Les employés rapportent des situations médicales critiques : des collègues s’évanouissent régulièrement dans les locaux, nécessitant l’intervention des pompiers. « On n’a même plus le temps d’être compatissant en cas de décès », confie Sonia, téléconseillère depuis dix ans à Callweb. L’entreprise impose des limites rigides de cinq minutes par conversation avec un client, y compris pour les retraités couverts par Carsat. « Si on dépasse ce délai, on est sanctionné immédiatement », explique-t-elle.
Les conditions matérielles sont également insoutenables. Aucun détecteur de fumée, aucune sortie d’urgence, et des toilettes pour femmes absents. Une employée dénonce une culture d’humiliation : « La directrice convoque 350 collègues dans le même étage et humilie un salarié devant tout le monde ».
Sonia, représentante syndicale CGT-FAPT, souligne que depuis août 2025, elle a alerté l’inspection du travail et la direction de Callweb. En octobre 2025, une réponse promettait des améliorations : sécurisation de la porte d’entrée, installation d’un WC supplémentaire. Mais selon les employés, seuls les portes ont été réparées.
Des indices pointent également vers un recrutement suspect. Callweb pourrait exploiter le dispositif POE (Préparation Opérationnelle à l’Emploi), financé par France Travail, pour former des salariés en quelques jours avant de les mettre au travail sans formation complète. « Le système est conçu pour éviter les coûts, pas pour garantir la santé mentale », précise une source anonyme.
Le syndicat CGT-FAPT a annoncé un préavis de grève pour le 29 juin. « Après quatre ans de crises sans solution, nos collègues sont au bord de l’effondrement », déclare Sonia. Une nouvelle épreuve s’impose : mercredi dernier, une autre employée a perdu connaissance dans les locaux.
Le prénom a été modifié