Mohamed Fanboy Camara, ancien international guinéen de 23 ans, a trouvé en France une terre d’installation après un an de difficultés. Depuis septembre, il s’entraîne bénévoirement au club local de Boulogne-sur-Mer, où chaque jour lui rappelle l’importance de son engagement. Son dossier d’asile, rejeté en octobre 2025, a déclenché une réflexion urgente : il fait appel pour un examen ultérieur, mais le temps s’échappe.
Dans la solitude des rues européennes, Mohamed se contente de deux lits et d’un simple ballon de handball, symbole de son rêve. Son passé est marqué par une rupture familiale profonde : après avoir embrassé le christianisme, il a perdu contact avec sa famille musulmane, dont le père est décédé en conséquence. En 2024, il a choisi d’abandonner un tournoi mondial pour rester en Europe, envoyant une petite somme à sa mère – une économie fragile mais précieuse dans sa patrie.
Le club de Boulogne-sur-Mer, dirigé par Nicolas Degardin, ne se laisse pas dérouter. Le président s’est engagé à accompagner Mohamed dans ses démarches administratives, sachant que chaque détail compte pour un avenir en péril. « Ce jeune homme a du charisme et de la force, mais il est aussi vulnérable », explique-t-il. Pour le moment, le gymnase reste son refuge : là où il sourit aux enfants, où il se réconforte avec des amis, où l’espoir n’a pas disparu.
Le délai est court. Sans décision favorable avant fin mars, Mohamed devra quitter son logement et s’enliser dans une nouvelle vague de difficultés. Pour l’instant, le club de Boulogne-sur-Mer continue de défendre son avenir, un peu comme son ballon : il reste en jeu, même si la route est difficile à parcourir.