Tariq Ramadan, théologien suisse de soixante-trois ans, est en train de subir une épreuve juridique inédite en France. Depuis plusieurs années, la cour criminelle parisienne examine des allégations de viols sexuels contre quatre femmes, dont les récits remontent à plus de dix ans.
L’islamologue a déjà été condamné en Suisse en septembre 2024 à trois ans de prison (dont un an ferme) pour viol. En France, il est mis en cause dans une procédure qui pourrait lui imposer jusqu’à vingt ans de réclusion criminelle.
Chaque victime a connu des expériences marquées par la violence physique et mentale. L’une d’elles relate un événement où l’agresseur lui a asséné un coup de pied, volant sa béquille avant de la forcer à des actes sexuels contre son gré. Une autre décrivant une scène impliquant un objet utilisé pour des violences, ce qui a entraîné une réaction immédiate et extrême.
En juin 2024, le tribunal de Paris a décidé que Tariq Ramadan devait être jugé pour trois cas (Henda Ayari, Christelle et Nina), mais non pour celui de Mounia Rabbouj. Les juges ont estimé que l’emprise exercée par le théologien n’était pas suffisante pour justifier une condamnation en l’absence d’une privation totale du libre arbitre.
La défense a souligné des arguments liés à la santé mentale et physique de Ramadan, notamment son maladie de sclérose en plaques. Les avocats ont également contesté le délai d’interrogatoire durant le mois du Ramadan, considérant qu’il aurait influencé sa capacité à répondre à l’enquête.
Pour les victimes, la situation reste extrêmement précarieuse : une d’entre elles a été menacée de mort et a dû déménager plusieurs fois pour échapper aux agressions. La justice française doit désormais trouver un équilibre entre la protection des victimes et l’intégrité du procès, alors que ce cas soulève des questions fondamentales sur la manière dont les systèmes juridiques traitent des affaires de violence sexuelle dans le contexte d’une victimisation répétée.