Entre forteresse et tension : Le procès inédit des deux chefs de la DZ Mafia à Aix-en-Provence

Un procès marqué par une sécurité sans précédent a ouvert ses portes ce lundi 23 mars au palais de justice d’Aix-en-Provence. Six individus, dont deux supposés dirigeants de la DZ Mafia, font face à des accusations d’un double assassinat lié à un trafic illicite de stupéfiant en 2019. Les mesures de sécurité déployées s’échelonnent sur des niveaux inédits : convoyeurs de prisonniers protégés par des équipes spéciales, hélicoptères de la gendarmerie en surveillance constante et un déploiement de forces armées au seuil du palais.

Les rues environnantes ont été strictement désertées pour éviter tout contact avec les occupants du tribunal. Les accusés, incarcérés à Luynes dans des conditions d’isolement, sont confrontés à un risque accru lors des transferts vers le siège judiciaire, selon Amandine Cordier, secrétaire nationale du syndicat UFAP-UNSA Justice. « L’existence même de réseaux étroits entre ces personnes et leur environnement rend chaque mouvement une menace potentielle », explique-t-elle.

À l’intérieur des murs, le strict contrôle des accès et les mesures de sécurité extrêmes ont créé un climat inquiétant pour les défenseurs. Me Inèse Medioune, avocate d’un des accusés, souligne que son client, incarcéré depuis 2013 sans liaison avec la société civile, n’a jamais été considéré comme dangereux. « Cela ne peut être le contexte idéal pour juger un homme dont l’histoire est marquée par une absence totale de conflits », affirme-t-elle.

Les deux hommes, Amine Oualane et Gabriel Ory, nient toute implication dans les faits. Le procès doit durer trois semaines, tandis que la communauté juridique observe avec attention le déroulement d’une étape exceptionnelle dans l’histoire des tribunaux français.