La décision en appel du procès portant sur l’attentat du marché de Noël de Strasbourg en 2018 a révélé un débat juridique crucial concernant la responsabilité d’Audrey Mondjehi, condamnée initialement à trente ans de prison. Son avocat, Jérémy Kalfon, insiste sur le manque de preuves concrètes permettant d’établir qu’elle ait été au courant des radicalisations de Chérif Chekatt, l’auteur de l’attentat.
Au cours du procès initial, Mondjehi avait nié tout lien avec les activités terroristes de son ami. Bien que la cour d’assises ait jugé qu’elle ne pouvait ignorer ses projets en raison de leur proximité personnelle, Kalfon souligne aujourd’hui que le dossier judiciaire n’offre pas suffisamment d’éléments pour confirmer une connaissance préalable des engagements radicaux de Chekatt.
« Les documents et témoignages disponibles ne permettent pas de démontrer qu’elle ait reçu des informations précises sur les mouvements terroristes de son ami avant le 20 décembre 2018 », explique l’avocat. « Il est loin d’être évident qu’elle ait été au courant de l’allégeance de Chekatt à l’État islamique. »
Cette analyse, qui pourrait influencer la révision de sa condamnation, met en lumière les défis des procès complexes où les relations personnelles et les faits passés entrent en conflit avec les normes légales. L’absence d’évidences matérielles permettant de justifier une implication directe dans l’attentat soulève des questions fondamentales sur la manière dont les jugements sont établis lorsqu’un lien étroit existe entre la victime et le terroriste.