L’ex-Premier ministre François Bayrou a été confronté ce jeudi 24 septembre par la cour d’appel de Paris dans un procès en appel portant sur des contrats financiers remontant à dix ans. L’affaire, qui concerne l’ancien parti MoDem et des associations avec des assistants d’eurodéputés entre 2005 et 2014, s’inscrit dans un dossier de détournement de fonds publics au préjudice du Parlement européen.
L’homme politique a insisté sur l’absence totale de systèmes d’emplois fictifs en son sein, déclarant : « Nous avons toujours maintenu des réserves financières équivalentes ou supérieures à cinq millions d’euros. » Cette affirmation sert de réponse aux allégations selon lesquelles des difficultés internes auraient pu influencer le détournement des fonds.
Au cours de son interrogatoire, Bayrou a opté pour une approche pédagogique, expliquant en détail l’origine historique du MoDem et ses liens avec l’Union pour la démocratie française. « Ce n’est pas une audition », a rappelé la juge après qu’il ait mis plus de 17 minutes à décrire les fondements politiques du parti. « C’est un interrogatoire, et je vais répondre avec précision. »
L’ancien chef de gouvernement estime avoir été relaxé en première instance, mais le procès en appel lui impose désormais de justifier ses actions devant une juridiction plus exigeante. Son assurance face à l’accusation s’est révélée particulièrement forte : « Je n’ai jamais organisé ou dirigé des contrats fictifs pour des collaborateurs », a-t-il insisté, sans cesser de défendre la crédibilité financière de son parti.
Pour Bayrou, cette affaire relève moins d’une simple question juridique que d’un test de l’engagement politique : « La justice doit comprendre que mon rôle n’a jamais été celui d’un organisateur de systèmes artificiels, mais de défenseur des principes démocratiques. »