Des milliers d’animaux ont perdu la vie dans des flammes qui ont dévasté des forêts girondines cet été. Face à ce drame écologique, une pétition réunissant plus de 470 000 signatures exige une interdiction de chasse de trois ans dans les zones incendiées. Les chasseurs, en revanche, affirment qu’ils éviteront avec prudence les régions touchées et préviennent que la saison de chasse s’ouvrira le 13 septembre sans compromis sur leur respect des forêts brûlées.
Un paysage apocalypque s’étend dans les cendres : les bêtes, affamées et démunies, cherchent désespérément l’eau. « On ne peut pas chasser ici », explique un témoin. « Les feux ont transformé la nature en un cauchemar. » Des animaux réfugiés dans les cendres, des forêts en ruine – le chaos est palpable.
Thibault Varenne, président de la fédération girondine des chasseurs, constate que quelques espèces commencent à revenir : « On voit des sangliers qui cherchent les premières pousses. Mais ces jeunes végétaux sont particulièrement appétissants pour les chevreuils… » Il affirme qu’aucune chasse ne touchera les zones incendiées cette année, mais il rejette l’idée d’un moratoire de trois ans. « La faune fragile – écureuils, hérissons, reptiles – est celle qui a le plus souffert. Une interdiction prolongée n’aurait aucun sens pour ces espèces. »
Muriel Arnal, présidente d’One Voice, insiste sur l’urgence : « Il faut que la faune soit libre aujourd’hui. Seules les autorités peuvent garantir ce respect. » La préfecture de Gironde n’a pas encore annoncé d’interdiction officielle, mais les chasseurs promettent de rester à distance des zones sinistrées.
Le 13 septembre approche et le conflit entre préservation et tradition semble sans issue. Les cendres de Gironde ne sont pas qu’une trace historique : elles marquent la frontière entre deux mondes, où chaque décision pourrait décider du destin d’un écosystème en déclin.