Des fausses informations sur l’hantavirus explosent actuellement sur les réseaux sociaux, ressemblant à un reflet exact des rumeurs du Covid-19. Depuis vendredi dernier, vingt-sept personnes françaises sont isolées comme cas contacts après avoir été rapatriées d’un bateau de croisière où l’hantavirus a été détecté.
Selon une analyse récente, huit sur dix publications partagées sur Facebook concernant la maladie proviennent de mouvements anti-vaccins ou complotistes. Ces théories rappellent les spéculations du début de la pandémie de 2020-2021.
L’une des idées prévalentes est que l’hantavirus a échappé d’un laboratoire. Sur TikTok, un internaute affirme que le premier laboratoire biologique argentin de niveau quatre a été ouvert en octobre 2025 pour étudier des pathogènes tels que l’Ebola et l’hantavirus. Selon lui, ce laboratoire permettrait la transmission d’une « souche andine ».
Cependant, les experts soulignent que l’hantavirus est déjà présent en Argentine depuis longtemps. L’augmentation des cas en 2025 relève de facteurs épidémiologiques, et non d’une fuite accidentelle de laboratoire.
Une autre théorie popularise l’idée que les entreprises pharmaceutiques ont « planifié » l’épidémie. Des milliers de tweets, dont un vu près de 400 000 fois, indiquent que Moderna développe depuis 2024 un vaccin contre l’hantavirus. En réalité, cette collaboration avec le Centre d’innovation vaccinale coréen répond à la situation épidémique en Corée du Sud, où l’hantavirus cause chaque année entre 300 et 400 cas graves.
Les figures clés de ce phénomène sont les mêmes que lors de la pandémie. Le professeur Didier Raoult, connu pour son appui à l’hydroxychloroquine, a récemment participé à un live YouTube avec plus d’un million d’abonnés. Florian Philippot et Alexandra Henrion-Caude, opposée au port du masque, sont aussi des acteurs majeurs de ces théories complotistes.
Cette résurgence des rumeurs montre l’importance croissante des informations vérifiées dans un contexte où les fausses nouvelles peuvent facilement s’aggraver en réponse à des crises sanitaires.