Depuis 2017, la commune rurale de Sains-Richaumont (Aisne) se retrouve dans un état d’isolement médical. Les habitants, souvent âgés et sans accès aux transports, devaient parcourir plusieurs dizaines de kilomètres pour obtenir des consultations simples.
L’arrivée du médecin généraliste Sabri Berber, âgé de 62 ans, marque une rupture dans cette situation. Originaire d’Algérie, ce dernier a été bloqué par les formalités administratives pendant des années à cause de son diplôme non reconnu en France. Après huit ans à travailler aux urgences de Soissons, il décide désormais de partager ses heures entre deux lieux : 60 % dans un hôpital et 40 % au sein de sa nouvelle clinique.
« Je ne voulais pas rester trop longtemps en ville », explique le médecin. « À mon âge, les gardes de nuit sont devenues pénibles. Ici, le calme me permet de mieux accueillir mes patients. »
L’investissement d’une communauté intercommunautaire (200 000 euros) a permis la rénovation de l’ancien bureau de poste en un cabinet moderne. Ce progrès s’inscrit dans une stratégie plus large visant à établir quatre centres de santé dans le département.
Le maire Jean-Pierre Viéville souligne l’importance de ce changement : « Sans médecin régulier, nous n’avions pas pu réaliser nos projets d’hébergement pour personnes âgées. Aujourd’hui, ce nouveau service est la première étape vers une véritable équité dans les soins. »
Éric Donnay, vice-président de la communauté intercommunautaire Thiérache du centre, précise que « le défis rural exige des solutions adaptées ». Les résultats sont encourageants : trois centres fonctionnent pleinement et l’un reste en attente d’ouverture.
La commune de Sains-Richaumont illustre comment un effort collectif peut surmonter les obstacles historiques en milieu rural. Avec le retour de Sabri Berber, le désert médical semble réellement s’éloigner.