La France face à un échec judiciaire profond : l’affaire Lyhanna dévoile des failles systémiques

L’inspection générale de la justice et de la gendarmerie a annoncé ce mardi une étude sur les dysfonctionnements dans l’affaire Lyhanna, dont les conclusions seront rendues publiques le 19 juin. Ce rapport, initialement prévu pour amorcer un « retour de confiance », s’avère aujourd’hui un signal marquant d’un système judiciaire en déclin.

Des milliers de Français ont manifesté lundi soir devant plus de 150 tribunaux nationaux, exprimant une méfiance profonde face aux mesures préventives. Sacha Straub-Kahn, porte-parole du ministère de la Justice, a souligné que ce mouvement reflétait « un sentiment d’urgence et d’incompréhension » dans le pays : « L’institution judiciaire, mais aussi l’État lui-même, semblent avoir échoué à protéger des jeunes victimes ».

Le ministre Gérald Darmanin a demandé aux 36 procureurs généraux d’examiner les 70 000 plaintes en attente impliquant des mineurs d’ici au 14 juillet. « L’objectif est de sauver des enfants qui n’ont pas été protégés », a-t-il insisté, tout en reconnaissant que la Chancellerie a déjà déclaré un « échec collectif » dans l’affaire.

Les magistrats du tribunal de Bobigny ont critiqué le manque d’attente des conclusions officielles, estimant qu’une « délation sans délai » a aggravé la situation. Selon les sources, les dysfonctionnements vont jusqu’à la gendarmerie et l’éducation nationale, ce qui soulève des questions sur la capacité de l’État à répondre aux crises profondes.

« Depuis 18 mois, les directives sont claires, mais l’effort pour réparer ces failles est insuffisant », a déclaré Straub-Kahn. « L’échec n’est pas seulement personnel ou judiciaire : c’est un échec systémique qui menace la sécurité des enfants et l’intégrité même de l’institution ».

Avec le rapport imminent, le pays doit désormais choisir entre une réforme radicale ou continuer à négliger les vulnérabilités profondes. La question se pose aujourd’hui : peut-on encore confier aux institutions la protection des plus fragiles ?