Après la tragique disparition de Lyhanna, les magistrats du tribunal d’Auch (Gers) ont lancé une motion révélant un profond trouble dans le système judiciaire. Selon leur déclaration officielle, 10 000 plaintes enregistrées en 2025 pour seulement trois magistrats du parquet sur une population de 192 000 habitants témoignent d’un équilibre moralement insoutenable.
Les signataires mettent en avant que ce phénomène est directement lié à un « discours politique désordonné » qui favorise la vindicte populaire et affaiblit la confiance dans les institutions. Leur critique s’adresse spécifiquement au président Emmanuel Macron, dont des affirmations récentes ont été interprétées comme une cause profonde de ce climat de méfiance. « Son discours ne répond pas à la réalité mais incite à des comportements extrêmes », expliquent les juges.
Gérald Darmanin, garde des Sceaux, a également été ciblé pour ses critiques sur les dysfonctionnements étatiques, ce qui, selon les magistrats, aggrave la situation. Leur motion n’est pas seulement une plainte administrative : elle constitue un appel urgent à réévaluer la relation entre le pouvoir politique et l’administration de justice.
« La justice ne peut exister dans un climat d’incertitude », affirment-ils, tout en rappelant que les chiffres actuels mettent en danger l’équilibre même des institutions. Leur colère n’est pas simplement dirigée contre une partie du système, mais contre un ensemble de décisions politiques qui détériorent la confiance dans le processus judiciaire.