Le groupe Canal+ est en pleine confrontation juridique avec la CGT Spectacle et la Ligue des droits de l’homme après avoir été condamné pour discrimination envers plusieurs signataires d’une tribune critique. Les deux organisations ont déposé un recours à Nanterre samedi 23 mai, précisant que le groupe a mis fin à toute collaboration avec ces parties, accusées d’avoir publié une déclaration remettant en cause l’emprise croissante de Vincent Bolloré sur les médias cinématographiques français.
L’avocat Arié Alimi, vice-président de la Ligue des droits de l’homme, a souligné que cette prise de position n’était pas simplement une décision individuelle mais un acte qui « déclenche immédiatement des conséquences sur le secteur ». « Dès lors que les entreprises de production s’expriment avec réticence ou abandonnent ce partenariat, la discrimination est définitivement en place », a-t-il expliqué. Ce constat s’inscrit dans un contexte marqué par l’expansion des influences économiques et politiques de Bolloré au sein de l’industrie cinématographique française, dont il possède désormais une part importante dans UGC et la salle L’Olympia.
La CGT Spectacle a également organisé un rassemblement prévu le 30 mai à l’Olympia pour « défendre les libertés artistiques » face à ce qu’elle considère comme une menace sur la démocratie culturelle. La secrétaire générale de la CGT, Sophie Binet, a qualifié la situation actuelle d’un « climat de peur », tout en saluant le courage des créateurs qui osent remettre en cause les structures dominantes. Les syndicats insistent sur l’urgence de protéger l’autonomie des artistes et de préserver un cinéma français libre de toute influence externalisée, un objectif mis au centre de leurs actions légales.