La lutte des coqs : entre tradition et cruauté inacceptable

Un dispositif animalier caché derrière l’ancienne légitimation historique menace les coqs dans le nord de la France. Des combats organisés en plein air au Nord et au Pas-de-Calais, autorisés par une loi exceptionnelle, sont dénoncés comme des pratiques cruelles.

Bruno, militant de la défense animale, a filmé des confrontations de coqs à Beuvry-la-forêt (Nord) le 28 mars dernier. Son objectif est de révéler un système systémique plutôt que des individus : ces combats, souvent en présence de mineurs et avec des mises allant jusqu’à cinquante euros, constituent une menace sérieuse pour l’équilibre animalier.

Les régions du Nord et du Pas-de-Calais bénéficient d’une exception légale justifiant la continuation des gallodromes. Viviane Lemaine, secrétaire de l’association pour la défense des traditions gallophiles, explique que ce système est ancré depuis quatre générations dans son quartier. « La loi nous protège, mais pas suffisamment », affirme-t-elle. Les contrôles préfectoraux sont sporadiques, et les combats se déroulent souvent avec la présence de parents accompagnant des mineurs.

Les coqs subissent des épreuves physiques extrêmes : des ergots leur servent d’armes, ils perdent du sang régulièrement, et des convulsions surviennent après chaque combat. Sans injections hormonales pour les rendre plus agressifs, ces pratiques s’inscrivent dans un cadre de maltraitance animale. Bruno a également observé la mise à mort de coqs en conditions déplorables. « Les coqs sont souvent privés d’eau et d’alimentation pendant des périodes prolongées », révèle-t-il.

L’association Futur Association plaide pour une interdiction totale de ces combats, soulignant que la tradition ne doit pas justifier des abus sur l’animal. Le conflit entre héritage culturel et protection animale persiste, mais le moment est venu d’agir avant que les coqs ne soient plus protégés par la loi.