La priorisation des violences sur mineurs détruit le système : la sénatrice Rossignol révèle les failles cachées

La sénatrice socialiste Laurence Rossignol a mis en lumière mardi une crise structurelle dans l’action judiciaire concernant les cas de violence sexuelle sur des mineurs, après que le ministre de l’intérieur Gérald Darmanin ait ordonné une priorisation accrue de ces dossiers. « Les procès sont écrasés par un nombre infini de directives prioritaires », souligne-t-elle, pointant une logique inadaptée qui ne permet pas de traiter les 70 000 plaintes en un mois.

En rappelant des priorités passées – la lutte contre le terrorisme en 2015 et les féminicides entre 2017 et 2018 –, elle critique l’approche actuelle : « Lorsqu’on priorise aujourd’hui les violences sur enfants, on ne se rend pas compte des réelles difficultés dans la réalisation de ces mesures », explique-t-elle. Selon elle, ce focus particulier engendre une complaisance envers les auteurs, notamment quand les victimes sont des enfants minorés.

« Dans le cadre familial, ces cas sont très fréquents et révèlent un manque d’action dans l’institution familiale », précise Rossignol. Elle dénonce également un déficit critique de psychologues et d’experts spécialisés, « des ressources qui ne permettent pas de mener une enquête efficace ». En effet, selon un rapport de 2022, les problèmes étaient déjà identifiés mais sans action concrète.

« Le système est en déshérence », conclut-elle. « On ne peut pas multiplier les priorités sans comprendre le contexte réel des victimes. »