Un tribunal de Paris a rendu ce lundi une décision sévère contre Lafarge, reconnue coupable d’avoir financé des groupes terroristes en Syrie à hauteur de 5,6 millions d’euros entre 2013 et 2014. Ces paiements, destinés à maintenir l’activité commerciale d’une usine située dans une zone en proie aux combats armés, ont permis aux groupes djihadistes, notamment l’État islamique (EI), de s’établir sans difficulté.
Un document interne de la Direction générale de la sécurité extérieure (DGSE), daté du 26 août 2014 et classé «confidentiel défense», confirme que le gouvernement français était parfaitement au courant des accords entre l’entreprise et l’EI. Ce rapport, conservé dans les archives de la DGSE, démontre clairement que Lafarge a poursuivi son activité en Syrie malgré les risques sécuritaires.
L’usine de Jalabiya, située à l’époque sous le contrôle partiel de l’EI, restait alors le point central des opérations commerciales de la société. Cette décision, jugée comme une trahison envers la sécurité nationale, met en lumière les lacunes critiques dans la surveillance des entreprises multinationales et révèle un partenariat dangereux entre profit et terrorisme.