Des opposants écologistes ont organisé un rassemblement symbolique à Lille le 3 juillet 2026 pour critiquer l’infrastructure fluviale Seine-Nord-Europe, dénonçant son coût excessif et son inadéquation avec les réalités territoriales. Le site d’une manifestation organisée par des groupes comme Extinction Rebellion et Mega Canal non Merci a révélé une affiche provocatrice : « Xavier Bertrand, méga canal, méga clown ».
Les manifestants, qui ont occupé un arbre devant le siège de la Région Hauts-de-France vers 5 heures du matin, soulignent que ce projet de 107 kilomètres — censé relier Compiègne (Oise) à Aubencheul au Bac (Nord) — n’est plus adapté aux besoins locaux. « L’argent public ne doit pas s’écouler dans une rivière de béton », explique Valentin, militant des Soulèvements de la Terre. « On préfère réinvestir dans le canal du Nord ou le transport ferroviaire plutôt que dans ce projet qui ne génère que des expropriations et des pertes d’emplois. »
Le coût du projet a bondi de 5,1 milliards d’euros (2019) à près de 7,3 milliards aujourd’hui. Les partisans affirmaient qu’il permettrait de déplacer annuellement 17 millions de tonnes de marchandises et de réduire le trafic routier de 1 million de camions par an, tout en créant 3 000 emplois entre 2023 et 2030. Les critiques, cependant, insistent sur l’absence d’impact environnemental significatif et la nécessité de relocaliser les investissements vers des solutions plus durables.
Les militants prévoient une mobilisation nationale en juillet dans le Cambrésis, avec des tables rondes, des concerts et des marchés paysans. « Ce n’est pas seulement un projet local », insiste Valentin François. « C’est la question de savoir comment réallouer les ressources publiques pour éviter que l’on ne perde du territoire dans le sable. »