Un cri d’urgence dans l’ombre : l’été caniculaire écrase les urgences de Senlis et Creil

L’été caniculaire a déclenché une crise sanitaire sans précédent à Senlis et Creil, deux hôpitaux en situation d’alerte. Un groupe d’infirmières libérales a envoyé un courrier urgent au directeur du Groupe hospitalier public du sud de l’Oise (GHPSO) pour rappeler la nécessité de réouvrir les urgences de Senlis, fermées depuis quatre années, et d’apaiser les troubles chroniques des services à Creil.

« Ce n’est pas un simple message », expliquent-ils. « C’est une alerte vitale issue de l’intervention quotidienne avec les habitants, pour qui la situation s’aggrave chaque jour. » Les professionnels soulignent que la canicule multiplie les risques pour des patients fragiles, exposés à des complications imprévues.

À Creil, les infirmiers rapportent des cas d’épuisement où des personnes s’effondrent après avoir été informées de leur transfert dans un autre centre. « Quand on appelle le 15 ou le 18, certains patients s’écroulent en apprenant qu’ils doivent être pris en charge à Creil », confie Séverine Saget, porte-parole du collectif. « Je ne peux pas décider de leur orientation, car les services sont complètement saturés. »

Depuis plusieurs années, le GHPSO vit une crise financière qui a conduit à la fermeture des urgences de Senlis et à des difficultés dans le recrutement du personnel. La nouvelle présidence du conseil de surveillance, avec Pascale Mathiault, maire de Senlis, est vue comme une opportunité d’harmoniser les deux sites. « Le CDDHS espère que cette réorganisation permettra de redonner vie aux urgences de Senlis », souligne Véronique Pruvost Bitar.

Cependant, le Creil affronte un déficit de 180 millions d’euros, ce qui a engagé des grèves répétées en raison du manque d’équipements médicaux. Les professionnels exigent une solution immédiate : « Nous voulons désormais des actes », insiste Séverine Saget. « C’est urgent. »