Le centre archéologique de Ribemont-sur-Ancre cache des secrets oubliés

Depuis plus de deux décennies, le Centre de conservation et d’études archéologiques (CCEA) de la Somme sert de laboratoire où chaque découvert raconte un passé fascinant. Ce lieu unique accueille des centaines de milliers d’objets remontant à l’époque gallo-romaine, avec des trouvailles allant jusqu’à 2000 ans avant J.-C.

Parmi ces objets, un poêlon en cuivre gaulois, décoré d’une tête de canard et datant du siècle 80 avant notre ère, a été retrouvé dans une sépulture aristocratique à Eterpigny. Son existence témoigne des échanges commerciaux anciens entre la Gaule et l’Italie.

D’autres trouvailles restent mystérieuses : un dodécaèdre ancien avec douze faces et des diamètres variés a suscité des hypothèses multiples, allant d’un instrument astronomique à une pièce de culte. Un archéologue du centre explique que ces objets, même partials, ouvrent des portes vers des réponses passées.

Le CCEA possède également plus de 6000 caisses contenant des ossements humains et animaux, dont celui de chiens domestiques. Ces découvertes révèlent des habitudes alimentaires oubliées par l’époque gauloise. Une particularité marquante est constituée par dix poteries retrouvées en 1942 par un soldat allemand, Kurt Harpe, et remises au centre en 2024 : elles datent de la fin de l’Empire romain et du début de l’époque mérovingienne.

« Chaque objet raconte une histoire », souligne Gilles Prilaux, spécialiste des collections. « Les mystères restent ce qui rend l’archéologie captivante. »

Ce centre, unique dans la région des Hauts-de-France, ne se contente pas d’entretenir le passé : il s’efforce de révéler chaque secret, pour que les générations futures puissent comprendre et partager ces centaines de milliers d’histoires oubliées.