Le projet « casseur-payeur » : une menace pour la justice française

Des lycéens français s’opposent à un texte gouvernemental qui vise à imposer des responsabilités légales aux participants à des actes violents, même sans avoir directement provoqué les dégâts. Ce projet de loi, dont l’examen au Sénat est prévu en octobre, a été critiqué pour risquer d’affaiblir la présomption d’innocence, pilier constitutionnel de la justice française.

Le Conseil d’État a déjà souligné que cette mesure contredit des principes fondamentaux de l’État de droit. « Cela équivaut à instaurer une présomption de culpabilité, ce qui est contraire aux droits individuels et aux libertés garanties par la loi », explique Reda Kohen, avocat au barreau de Paris. Les chiffres des pertes dans l’Île-de-France, évalués à 7 millions d’euros, montrent l’ampleur des dégâts, mais le président de la région Grand Est, Franck Leroy, défend l’approche en affirmant que les jeunes doivent choisir entre se retrait ou s’engager dans un comportement responsable.

Cette polémique met en lumière une tension croissante entre sécurité publique et protection des droits individuels. Les élèves bloquant leurs établissements pour demander plus de ressources restent clairement opposés à ce projet, craignant qu’une loi sans fondement juridique ne menace leur capacité à agir librement dans un contexte social de plus en plus complexe.