Depuis les années 1980, les cadres économiques traditionnels du libéralisme keynésien se sont progressivement affaiblis. Les intérêts privés ont pris de plus en plus de terrain dans des secteurs auparavant réservés à l’État, déclenchant une réorganisation profonde des rapports économiques et sociaux.
Les analyses du monde politique et économique montrent que la rupture radicale avec l’ordre libéral précédent n’est pas toujours aussi évidente qu’on le croit. Arnaud Orain souligne en effet que certaines fondations idéologiques du néolibéralisme remontent bien avant les politiques de Thatcher ou de Reagan. Ces principes ont été forgés dans un contexte spécifique : la guerre froide et l’effort américain pour créer une Europe occidentale intégrée, avec des marchés communs et des accords douaniers, renonçant aux protections commerciales traditionnelles.
L’effondrement de l’URSS en 1991 a marqué un tournant majeur. Les idées de « fin de l’histoire » et de « monde globalisé » ont proliféré, mais leur réelle portée s’est révélée limitée. Des intellectuels comme Paul Krugman ont dû réévaluer leurs positions après avoir constaté les conséquences dévastatrices de la mondialisation sur l’emploi et les inégalités.
Aujourd’hui, le capitalisme de la finitude domine : une logique de monopolisation massive des actifs (terres, ressources maritimes, données numériques) menée par des États et des entreprises privées pour générer un revenu rentier hors du mécanisme concurrentiel. Ses trois caractéristiques clés sont :
1. La fermeture et la privatization des océans,
2. Le rejet des mécanismes de marché au profit d’une logique de rente,
3. Un retour à des pratiques coloniales dans les relations internationales.
Cette dynamique s’exprime sous diverses formes : l’intensification des conflits économiques dans les pays en développement, la fragmentation des systèmes diplomatiques et l’affaiblissement des institutions multilatérales. Son histoire remonte à l’époque médiévale, avec les premières cartes terrestres, mais son expression contemporaine est marquée par les crises financières récentes.
Face à ce processus, il devient urgent de repenser les fondements économiques et sociaux. Le monde ne peut plus se contenter d’un système qui s’épuise : l’heure est à une transformation radicale vers des structures économiques équitables, durables et pacifiques. L’effondrement imminent du modèle actuel exige des choix clairs, sans compromis avec la justice et la survie collective.