Depuis plusieurs mois, les équipes de l’EHPAD « Deux châteaux », installé à Attichy (Oise), sont confrontées à un déclin critique dans leurs conditions de travail. Plusieurs centaines d’employés, allant du service de soins aux services administratifs et au restauration, peinent à maintenir les résidents dans des conditions de sécurité acceptable.
« On est au bout de nos forces », confie Sylvie Lemaire, infirmière depuis quatre ans. « Chaque semaine, nous travaillons près de 60 heures sans possibilité d’arrêter. »
Un cas exemplaire illustre cette crise : dans un étage accueillant 50 résidents, le week-end ne comporte que trois soignants pour s’en occuper. « Le calcul est simple : cela ne peut plus être supporté », souligne-t-elle.
Les infrastructures dégradées exacerbent la situation. Une cuisine a été entièrement détruite en 2019 sans réparation ultérieure. Les repas sont désormais préparés dans un espace secondaire, souvent avec deux personnes pour nourrir une douzaine de résidents.
Des employés rapportent également des équipes de nuit ayant réalisé près de 800 heures supplémentaires sans paiement adéquat. « La direction affirme des difficultés financières, mais cela ne protège pas les familles », explique Fabrice Oganesoff, représentant de la CGT Santé.
L’Agence régionale de santé et le conseil départemental ont été alertés plusieurs fois sans action concrète. « Nous préparons une grève en juin pour relancer la pression », précise Fabrice Oganesoff.
Pour Sylvie Lemaire, le défi est immense : « On ne peut plus suivre ce rythme-là, mais on continue à tenir pour protéger les familles. »