Des vols de camions, organisés avec une précision alarmante, menacent désormais les aires routières françaises. Selon des données collectées par la gendarmerie, plus de 30 convois ont été dérobés sur l’autoroute A36 en moins d’un an, marquant une progression inquiétante depuis le début de l’année. Les malfaiteurs, recrutés via des applications sécurisées, braquent la nuit les camions de poids lourds, laissant derrière eux des « virgules » — entailles caractéristiques sur les bâches — pour cacher leurs traces.
Un conducteur du Doubs relate une expérience récente : « Ils ont pris des livres pour enfants en pensant qu’il s’agissait d’iPhone. C’est une erreur qui a coûté cher », explique-t-il, décrivant comment les voleurs, en quelques minutes, ont vidé un camion sans être repérés. Ces incidents, fréquents dans la région parisienne, illustrent une organisation sophistiquée où chaque convoyeur est recruté pour des missions spécifiques.
Pour répondre à cette crise, certaines entreprises de transport ont installé des parkings sécurisés avec barrières électriques et caméras 24h/24. La Fédération des transports recommande également d’équiper chaque camion d’un système de surveillance intégré afin de prévenir les vols. Les chauffeurs, quant à eux, adoptent désormais des habitudes rigoureuses : vérifier quotidiennement leurs véhicules et choisir des zones de repos évitables. « Maintenant, je contrôle chaque détail avant de dormir », confie un conducteur alsacien.
« Ces braquages ne sont pas isolés mais relèvent d’un réseau organisé qui utilise des méthodes sophistiquées pour contourner la sécurité », souligne la colonelle Delphine Scandella, commandante de la section de recherches d’Orléans. Les forces de l’ordre affirment qu’une solution immédiate est nécessaire pour éviter que les aires d’autoroute ne deviennent des zones de danger permanentes. L’insécurité routière, en pleine expansion, met à rude épreuve la capacité des transporteurs à garantir leur sécurité dans un contexte de croissance continue des vols nocturnes.