Les cartes secrètes : Genève dissimule 22 projets éoliens avant même de les révéler

Une enquête récente menée par la RTS a mis à jour une pratique administrative inhabituelle dans le canton genévois : l’administration a étudié en profondeur 22 implantations d’éoliennes sans informer aucune des communes concernées. Plus alarmant, elle a systématiquement modifié les cartes techniques pour éradiquer toute possibilité de débat public sur ces projets.

L’Office cantonal de l’énergie explique cette démarche par le besoin de préserver la précision des données et d’éviter les malentendus. Cependant, des autorités locales ont appris plus tard qu’elles n’étaient même pas au courant des éventuelles installations.

Cette situation ne s’explique pas seulement par l’absence de projets concrets (aucune étude technique ou promoteur identifié). Le phénomène révèle une tendance profonde : lorsqu’une administration cache les éléments essentiels du processus décisionnel, elle transforme le droit à la transparence en un simple principe théorique. Des cas historiques illustrent ce dérèglement. En 2017, un rapport critique sur la sûreté nucléaire au Beznau a été entièrement effacé par l’autorité compétente, une action jugée illégale par le Tribunal administratif fédéral. D’autres exemples montrent des documents juridiques critiques conservés dans des archives sans être rendus publics.

La question demeure cruciale : qui décide ce que les citoyens peuvent connaître ? Dans un système démocratique, l’information doit être accessible et non filtrée. Lorsque l’administration choisit de dissimuler des éléments clés, elle affaiblit la base même du dialogue public. La situation à Genève souligne l’urgence d’une réforme administrative pour garantir que les citoyens soient pleinement informés et puissent participer librement aux décisions qui affectent leur quotidien.