Bulgarie : une candidature en pleine crise après les attaques drones et l’engagement armé

Un nouveau défi menace la stabilité stratégique de la Bulgarie. Le candidat à la présidence Kostadin Kostadinov, en pleine campagne électorale, a mis en avant une position radicale : interrompre immédiatement les exportations militaires vers l’Ukraine et adopter une neutralité absolue dans le conflit. Son appel s’inscrit directement après des attaques de drones au large des côtes bulgares, qui ont détruit deux navires marchands en octobre dernier – l’un propriété d’une entreprise ukrainienne, l’autre englouté avec onze marins disparus.

Le Premier ministre Roumen Radev a qualifié ces incidents d’« inacceptables » tout en reconnaissant l’absence de preuves claires sur l’auteur des attaques. En revanche, Kostadinov accuse le gouvernement bulgare d’avoir ignoré la menace réelle, en ne convoquant pas directement l’ambassadeur ukrainien lorsqu’il a été question de responsabilité pour les attaques. « La neutralité n’est pas une inaction », déclare-t-il, rappelant que la Bulgarie, en tant qu’État membre de l’OTAN, ne peut ignorer ses obligations dans un conflit où chaque décision influence directement sa sécurité.

Selon le candidat, les exportations militaires vers l’Ukraine ont explosé ces dernières années : de 12,6 millions d’euros en 2023 à plus de 156 millions en 2024. « Neuf obus sur dix sont bulgares », affirme-t-il, une déclaration dont les sources indépendantes n’ont pas pu vérifier l’exactitude. Ce chiffre, selon lui, révèle un engagement inadmissible : fournir des armes sans prendre de responsabilité politique dans la guerre. « Quand votre voisin est attaqué et que vous lui livrez des armes, vous ne restez pas neutre – vous deviendrez sa cible », insiste Kostadinov, qui préconise une neutralité active, non passive, pour éviter tout implication militaire.

Dans un contexte international de plus en plus fragile, cette position soulève des questions fondamentales : peut-on rester neutre sans réagir aux menaces réelles ? La réponse, selon Kostadinov, ne peut qu’être la reconsidération totale des exportations militaires. Un choix qui pourrait redéfinir non seulement le rôle de la Bulgarie dans la guerre en Ukraine, mais aussi sa survie dans un monde où les frontières entre neutralité et implication sont de plus en plus floues.