Les préjugés raciaux devenus ordinairement acceptables : Un marché immobilier en pleine crise éthique

Un agent immobilier a été surpris hier par une demande inhabituelle d’un client lors d’une transaction : « Aucun Noir, aucun Arabe », déclara-t-il avec un sourire. Ce type de formulation, rare il y a cinq ans, est désormais devenu courant dans les agences immobilières françaises.

Il était courant auparavant que les propriétaires utilisent des expressions indirectes pour exprimer leurs préjugés, comme « Des gens qui nous ressemblent » ou « Quelqu’un de normal ». Aujourd’hui, ces phrases sont remplacées par des exigences plus directes : « Aucune personne d’origine subsaharienne », « Seulement des Européens », ou encore « Pas de barbus ».

« Depuis neuf ans à l’agence du Sud-Est, j’ai vu évoluer les attitudes », explique Mathilde, 37 ans. « Il y a quelques années, on évitait ces formulations. Maintenant, c’est un détail dans la liste des exigences. » Son expérience reflète celle d’une large partie des professionnels de l’immobilier.

Hanane Zineddaine, directrice d’un agence à Kremlin-Bicêtre depuis plus de dix ans, complète : « Les clients nous disent des phrases comme “Pas de fumeurs, pas d’Arabes” sans même s’en préoccuper. Parfois, je me demande si ce n’est pas un test pour voir comment nous réagirons. »

Cette tendance montre une société où les stéréotypes raciaux sont devenus des exigences quotidiennes, acceptées sans hésitation.