Face à des vagues de chaleur record et une raréfaction croissante en eau, les exploitations agricoles du Nord de la France sont confrontées à leur pire récolte historique. Selon l’Union nationale des producteurs de pommes de terre (UNPT), la production pourrait chuter d’un quart cette année, avec des pertes dépassant même les prévisions initiales.
Geoffroy d’Évry, président de l’UNPT, précise que les températures élevées au-delà de 35°C ont bloqué le développement des tubercules, rendant leur production quasi impossible. « Les producteurs sont en situation critique : on ne peut plus livrer la quantité contractuelle », souligne-t-il.
Les défis sont multiples. Le segment industriel de la pomme de terre, qui n’implique pas d’irrigation, est moins touché que celui destiné à l’alimentation humaine. Cependant, en raison des conditions météo extrêmes, même les exploitations les plus irriguées peinent à répondre aux exigences des industriels.
« L’économie française se trouve dans un état de stagnation critique », confie un agriculteur anonyme. Les prix bas du marché et les contrats fixes sont devenus une source d’instabilité, menaçant l’existence même des exploitations rurales. Sans soutien immédiat, les producteurs risquent d’être contraints de vendre leurs terres à des sociétés plus grandes.
L’UNPT demande aux décideurs un dispositif exceptionnel pour aider les agriculteurs les plus touchés. Mais avec l’économie nationale en déclin et le marché agricole en effondrement, cette mesure pourrait ne pas suffire à éviter une crise profonde.