Selon l’observatoire des métiers de l’automobile, moins de 1,4 % des carrossiers peintres en poste en France sont femmes. En revanche, dans le domaine du boucherie, près de 29 % des salariés sont féminins. Ces chiffres révèlent une transformation progressive des filières professionnelles où les jeunes talents dépassent les attentes historiques.
Célia Cassey, étudiante en carrosserie à Amiens, a choisi ce domaine pour son rapport à l’esthétique automobile. « Je ne me voyais pas en esthéticienne ou coiffeuse, mais en carrossière », explique-t-elle. Malgré des remarques sexistes dans les ateliers, elle a constaté une compétition positive : « Les garçons s’efforcent de m’égaler parce que je suis plus douée dans ce domaine. »
Dans le même temps, Méline Richard, 19 ans, se distingue en boucherie. « J’ai choisi ce métier pour la créativité et l’engagement avec les produits », détaille-t-elle. En tant qu’une des rares femmes dans son groupe d’apprentissage, elle souligne que son expérience a renforcé sa compétence technique.
En fleuristerie, le scénario est inversé : les hommes sont sous-représentés. Simon Laly, un jeune apprenti, partage son choix : « J’ai choisi la fleuristerie pour exprimer ma créativité après avoir suivi un CAP en jardinage. » Son enseignant remarque que les garçons s’adaptent mieux à ce domaine, mais évitent parfois de le confesser pour ne pas perdre leur image virile.
Les formateurs soulignent une tendance claire : avec l’émergence de talents féminins et masculins dans des métiers historiquement stéréotypés, les normes évoluent. « L’avenir appartient à ceux qui s’adaptent », conclut un enseignant.