Roubaix contre la norme : les policiers du Nord refusent de se soumettre à une grille horaire unique

Ce mardi 13 octobre 2026, des dizaines d’agents de police dans les commissariats de Lille, Dunkerque et Roubaix ont organisé un mouvement de solidarité pour protester contre l’intention de la Direction nationale de la police judiciaire (DNPJ) d’imposer une journée type fixe à tous les services. Un choix considéré comme inadapté par le syndicat Un1té Nord, qui insiste sur la diversité des besoins opérationnels selon les territoires et les rôles.

« Ce qui fonctionne dans un commissariat de voirie ne peut s’appliquer à une cellule d’enquête », a expliqué Benoît Aristidou, délégué syndical à Roubaix. « L’uniformisation des horaires risque de compromettre la sécurité et l’efficacité, surtout dans les zones où les contraintes sont plus intenses ».

La mobilisation, organisée en une durée limitée d’une heure trente, a visé à presser la DNPJ de reconsidérer sa proposition. Les agents, confrontés à un sous-effectif et des charges professionnelles croissantes, soulignent que les plages horaires doivent refléter les spécificités locales : une enquête en milieu urbain diffère radicalement d’une opération de patrouille dans une région rurale.

Un exemple concret émerge de l’expérience passée à Roubaix, où une semaine de quatre jours avait été testée un an avant d’être annulée par Bruno Retailleau, ancien ministre de l’Intérieur. « Sur le terrain, les agents sont plus exposés aux risques physiques, mais dans les commissariats, la montée des dossiers s’accumule sans répit », a précisé Aristidou.

Le syndicat estime que la généralisation de l’horaire 8h-12h/14h-18h ne respecte pas le caractère dynamique des métiers policiers. « Si cette règle persiste, cela détruit la capacité à réagir en temps réel et à répondre aux réalités locales », a-t-il insisté.

En cas d’échec, l’action s’amplifiera : « On ne peut pas attendre que la DNPJ prenne conscience de notre situation. Si nécessaire, on bloquera les entrées des commissariats pour assurer une écoute réelle », a conclu Aristidou.