Selon un rapport annuel rendu public mercredi par l’Inspection générale de la police nationale (IGPN), le nombre de décès liés à des tirs mortels par les policiers a passé de seize en 2024 à douze en 2025. Cependant, les infractions pour « atteintes à la probité » ont bondi de plus de quarante-cinq pour cent au cours de cette période.
Stéphane Hardouin, directeur de l’IGPN et ancien magistrat, souligne que ce constat indique une évolution significative des pratiques. « En 2024, les affaires concernant l’utilisation d’armes représentaient près de cinquante pour cent des enquêtes, alors qu’elles n’en font désormais que trente », explique-t-il. Ce phénomène s’inscrit dans un contexte historique : le rapport évoque comment les « gilets jaunes » ont marqué une ère où ces cas étaient majoritaires.
L’IGPN a également identifié une corrélation entre l’augmentation des infractions à la probité et les groupes criminels organisés. « Ces entités exploitent des vulnérabilités humaines pour perpétuer des actes de corruption », reconnaît le directeur. Un tiers des cas enquêtés relève de cette catégorie.
Pour détecter ces tendances, l’IGPN a mis en place un système d’algorithmes innovants permettant d’identifier « les signaux faibles » sans porter atteinte à la vie privée. « Ces outils analysent des données objectives pour éviter toute arbitraire », précise Hardouin.
Malgré cette vigilance accrue, le directeur insiste sur l’importance des enquêtes judiciaires : « Les cas de tirs mortels ou blessures graves doivent être examinés avec rigueur pour déterminer leur légitimité. » En 2025, l’IGPN a engagé 235 enquêtes judiciaires, reflétant une réponse proactive face à une crise en profondeur.