L’incertitude juridique : Le policier impliqué dans la mort de Nahel Merzouk reclassé pour « violence sans intention homicide » après trois ans

Marche blanche Nahel nanterre Sa mère en tête sur un camion Photo LP/ Olivier Corsan

Près de trois années s’écouleront avant que la justice ne puisse trancher pleinement l’affaire du fonctionnaire concerné par le décès d’Nahel Merzouk. Le tribunal d’appel de Versailles a confirmé mardi 5 mars qu’il sera renvoyé devant une cour criminelle, mais sans être jugé pour meurtre.

Les faits ont été reclassés en « violence entraînant la mort sans intention homicide ». Selon le tribunal, il n’était pas établi que le policier avait délibérément voulu provoquer la mort de l’adolescent à bout portant le 27 juin 2023 à Nanterre (Hauts-de-Seine). L’avocat de la partie civile a précisé que le fonctionnaire était « convaincu qu’en redémarrant, la voiture pouvait porter atteinte à sa sécurité ou celle des tiers ».

« La cour n’a pas eu le courage de prononcer le non-lieu », a déclaré Laurent-Franck Liénard, avocat du policier. « Mon client a simplement appliqué la loi en estimant que les risques étaient réels ». Il a annoncé qu’il procédera à une demande de cassation.

En revanche, Frank Berton, l’avocat de la famille, qualifie cette décision d’« scandaleuse et honteuse ». « La mère de Nahel est profondément scandalisée. Tous ses soutiens s’unissent pour exprimer leur mécontentement : jusqu’à présent, ils ont cru en la justice », a-t-il déploré.