L’ombre des pistolets 3D : quatre adolescents arrêtés dans un laboratoire clandestin à Soumoulou

Des forces de l’ordre toulousaines ont mis fin à une opération secrète en détruisant un atelier clandestin de fabrication d’armes via des imprimantes 3D, découvert à Soumoulou (1600 habitants) dans les Pyrénées-Atlantiques. Ces pistolets semi-automatiques, conçus pour tirer plusieurs coups sans être repérés par les systèmes de sécurité traditionnels, ont été vendus en ligne via des applications chiffrées à un prix moyen de 300 euros chacun.

Quatre jeunes âgés de 17 à 21 ans ont été interpellés après une enquête menée depuis trois mois. L’origine des armes a été tracée grâce à une trace d’ADN sur un composant mécanique, permettant aux policiers de localiser la planque située dans un hangar industriel.

« Ces armes sont invisibles pour les systèmes de détection. On peut les fabriquer n’importe où et les transporter sans risques », explique Yves Gollety, président de la Chambre syndicale des armuriers. Cependant, l’analyse minutieuse a permis d’établir une piste génétique menant à un jeune homme présent dans leurs bases de données.

L’avocat Thierry Sagardoytho précise que les jeunes interpellés n’ont ni antécédents criminels ni vocation illégale : « Ce sont des apprentis sorciers, pas des délinquants en herbe. Ils ne s’en prennent qu’à des réseaux peu surveillés ».

Daniel Domengé, secrétaire départemental de l’Alliance Pyrénées-Atlantiques, souligne que ce phénomène constitue une menace croissante : « Ces armes permettent à des individus sans lien avec le délinquance d’accéder rapidement à des outils de violence ». Les enquêteurs cherchent désormais à remonter la chaîne de distribution de ces pistolets fabriqués dans des espaces privés, souvent utilisant des procédés hors normes.