Picardie en alerte : le hantavirus des Andes, une menace qui ne s’installe pas en Europe

Un foyer infectieux a été identifié sur le bateau de croisière MV Hondius, entraînant trois décès dans un épidémie récente. Cette souche virale, provenant des Andes d’Amérique du Sud, est responsable d’une mortalité potentielle de 50 % et provoque principalement des troubles cardio-pulmonaires.

Cependant, le risque d’épidémie en Picardie reste faible selon Sandrine Castelain, virologue à l’Université de Picardie Jules Verne. « En France, les cas observés depuis plusieurs années correspondent à un type hantaviral de l’Ancien Monde (virus de Puumala), transmis par des campagnols roussâtres dans les zones boisées », explique-t-elle.

« La souche détectée sur le bateau ne peut pas s’adapter aux réservoirs européens. Les conditions nécessaires à sa propagation sont absentes ici, contrairement à l’Amérique du Sud où les rongeurs spécifiques permettent son épidémie », précise-t-elle.

Au niveau des mesures sanitaires, les cinq ressortissants français en quarantaine à Lille bénéficient d’un suivi spécialisé dans des salles à pression négatives. L’Organisation mondiale de la Santé estime que le foyer restera limité grâce à une coopération internationale et aux bonnes pratiques préventives.

Pour réduire les risques, l’expertise recommande : aérer avant nettoyage, éviter la dispersion des poussières contaminées, porter des gants et un masque si nécessaire. « Même en cas d’exposition, le risque de propagation généralisée est très faible », conclut Sandrine Castelain.