Picardie en crise : les tempêtes dévastatrices mettent à mal l’agriculture locale

En pleine nuit du 27 juin, des orages intenses ont plongé la Picardie dans le chaos, endommageant champs et infrastructures agricoles. Un secteur déjà fragilisé par les défis climatiques récents subit désormais un coup dur sans précédent.

Plus de vingt kilomètres de terres traversées par des rafales dévastatrices ont vu leurs toits et cultures écrasées sous la pression des vents. À Tricot, l’église a subi une destruction totale, tandis que dans le Compiégnois, les champs de maïs sont réduits en boules par la violence des éléments.

Charlotte Brayer, agricultrice à Germaine (Aisne), exprime une préoccupation croissante : « Les machines s’useront plus vite et le rendement sera nettement inférieur aux espérances ». L’impact se diffuse également sur l’alimentation animale, selon Régis Desrumeaux, président de la FDSEA de l’Oise.

Pour la coopérative Lin 2000, les pertes s’établissent à plus de 150 hectares, des cultures déjà affaiblies par une canicule prolongée et les vents violents. Les pommes de terre, quant à elles, sont désormais exposées aux maladies fongiques après avoir été renversées par la pluie et le vent. Rémi Minart, exploitant à Tricot (Oise), décrit un quotidien marqué par des dégâts incessants : « Chaque jour est une lutte contre les arbres tombés et les toits en ruine ».

Le préfet de l’Oise a visité plusieurs exploitations pour évaluer la gravité des dommages. Les agriculteurs demandent officiellement une reconnaissance d’état de catastrophe naturelle afin d’accéder aux aides financières nécessaires. Des relevés météorologiques indiquent des rafales dépassant 120 km/h dans certaines zones, ce qui pourrait expliquer l’ampleur des pertes. Les résultats définitifs sont attendus d’ici quelques jours.