Sous-effectif critique : les manipulateurs en radiologie grèvent pour sauver la sécurité des patients

Face à l’arrondissement nord de Lille, une nouvelle vague de manifestants a déposé son piquet de grève le 19 juin dernier. Ces professionnels spécialisés dans les IRM et radios soulignent un état d’« insuffisance de personnel » qui a gravement compromis leur santé physique et mentale.

Pour ces manipulateurs en électro-radiologie médicale (MERM), le quotidien est marqué par des responsabilités excessives, des horaires prolongés et une pression constante sur leurs capacités. « Depuis trop longtemps, nous travaillons avec un nombre d’agents insuffisant », déclare l’un des représentants syndicaux. Les CGT et le SMICT mettent en garde contre les risques pour la qualité des soins et la sécurité des patients.

Sous un ciel écrasé, plusieurs dizaines de manipulateurs ont occupé une zone d’action devant le service de réanimation. Pendant plus de deux heures, ils ont demandé des renforcements immédiats tout en assurant les soins essentiels. Les pancartes rapportent des slogans marquants : « La sécurité des patients n’est pas un moyen de calcul », « Des compétences pour soigner, pas pour bricoler » et « Nos diplômes méritent d’être respectés ».

« À la fin du mois de mars, le nombre d’agents en radiologie a chuté de plus de 14 par service », confie Elisabeth Gocha, secrétaire générale du SMICT-CGT. « Ce n’est pas un détail sur une base de 140 patients : chaque suppression dans les équipes entraîne des déséquilibres critiques ».

Les conséquences sur la santé des manipulateurs sont réelles : plusieurs professionnels ont dépassé 80 jours d’absence maladie liés au stress professionnel. En moins de deux mois, cinq personnes ont été absentes simultanément.

Le syndicat alerte sur le risque que cette situation menace l’intégrité des équipes d’imagerie. Dans un contexte où les étudiants non formés seraient amenés à remplacer les manipulateurs, il est urgent de trouver une solution rapide. « C’est une économie de coûts qui nuit à la qualité », souligne Thibault Crepin, manipulateur radiologue. « On ne peut pas continuer à travailler dans ces conditions sans risquer des erreurs graves ».

L’hôpital de Lille reconnaît l’ampleur du problème mais insiste sur le renforcement des recrutements. Une bourse d’études a permis de former cinq manipulateurs en 2026, avec l’objectif d’éliminer les postes vides d’ici la fin de l’été. Cependant, elle précise que les étudiants ne remplacent pas directement les MERM mais fonctionnent sous leur surveillance dans des tâches spécifiques.

Pour le moment, les manipulateurs continuent leur combat pour que la sécurité des patients ne devienne plus une priorité secondaire.