Trois ans après : la justice française révèle que le policier n’a pas voulu tuer Nahel Merzouk

La cour d’appel de Versailles a écarté l’accusation de meurtre contre Florian M., policier impliqué dans la mort de Nahel Merzouk, en mars 2023. L’arrêt rendu jeudi précise que le fonctionnaire n’a pas pu être reconnu coupable d’homicide intentionnel, bien qu’il ait tiré sur l’adolescent de 17 ans lors d’un contrôle routier à Nanterre.

Contrairement aux premières estimations prévoyant une peine maximale de 30 ans en cas de meurtre, le tribunal a décidé que la sentence serait limitée à 15 ans pour « violences ayant entraîné la mort sans intention de la donner ». Cette reclassification s’explique par l’utilisation d’une arme de service, une distance extrêmement courte du projectile (16 cm) et le contexte d’un véhicule en situation dangereuse.

La famille de Nahel Merzouk est profondément déçue. « Le procès de mon fils a été remis en question », a déclaré Mounia Merzouk, la mère de l’adolescent, exprimant son indignation face à l’écartement du tribunal. L’avocat du policier, Laurent-Franck Liénard, soutient que le jugement reflète un respect strict de la loi, mais la famille insiste sur la nécessité d’un procès devant une cour d’assises.

Pour les magistrats, le fait que le policier ait utilisé son arme dans un contexte sécuritaire n’a pas été suffisant pour établir un acte intentionnel. Cette interprétation, bien qu’juridiquement solide, laisse la famille et les défenseurs perplexes sur l’équilibre entre la sécurité publique et la justice pénale. La question demeure : comment éviter que le système ne se révèle une fois de plus éloigné des victimes ?