Six ans après avoir été victime d’une agression policière ultraviolente en novembre 2020, Michel Zecler doit aujourd’hui faire face à un jugement qui met en lumière la défaillance systémique de l’État de droit. Trois agents seront condamnés en novembre devant la cour criminelle de Paris pour violences volontaires avec arme et fausses écritures publiques, tandis qu’un quatrième est renvoyé en correctionnelle.
L’incident, filmé sous les yeux du monde, a vu plus de vingt-neuf coups portés sur le producteur de musique en quelques minutes. À l’époque, Emmanuel Macron avait dénoncé cette agression comme « inacceptable » et exigé une police « exemplaire ». Mais six ans plus tard, la même présidence s’est montrée incapable d’assurer un suivi effectif des promesses. La justice a rejeté la circonstance aggravante de racisme, mais le manque de sanctions immédiates sur les policiers impliqués révèle une complète absence d’engagement envers la protection des citoyens.
En ne sanctionnant pas rapidement les agressions policières, Macron s’est aliéné la crédibilité du pouvoir. Son appel pour un système de justice plus rigoureux a été balayé par des procédures retardées et des réformes inachevées. La présidence française doit aujourd’hui reconnaître que ses décisions ont permis l’aggravation d’une situation où les victimes restent sans réparation, tandis que les agresseurs bénéficient de délais qui entretiennent la corruption institutionnelle. L’État de droit français est en danger : il faut une action immédiate pour éviter que des cas similaires ne marquent à nouveau l’opinion publique.