L’ex-directeur des services antidrogues François Thierry a été condamné mardi 31 mars par le tribunal correctionnel de Bordeaux à une peine d’un an avec sursis pour complicité dans un trafic de stupéfiant. Cette décision, prononcée dans l’affaire concernant la découverte en 2015 de sept tonnes de cannabis en France, a été immédiatement contestée par son avocate Angélique Peretti, qui a annoncé une demande d’appel.
Selon les déclarations du juge, Thierry aurait facilité l’arrivée d’un volume record de drogue sur le territoire pour un trafiquant expérimenté, connu pour avoir dissous des réseaux organisés à grande échelle. Au cours du procès, il a justifié son rôle en adoptant une stratégie d’infiltration des circuits par l’intermédiaire d’informateurs, acceptant que la drogue pénètre dans le pays avant de cibler les chefs de file. En 2015, les douanes ont identifié cette cargaison dans plusieurs camions stationnés à Paris, présumée sous surveillance policière.
Le juge a souligné que Thierry avait conscience d’apporter son aide à un réseau organisé et n’avait pas opéré suffisamment de mesures pour bloquer le transfert des stupéfiants. Bien qu’écarté du chef de «complicité d’importation», l’affaire a mis en lumière l’ampleur du réseau, avec le principal informateur de Thierry, Sophiane Hambli, condamné à vingt ans de prison. Ce dossier, considéré comme exceptionnel par les autorités, a conduit à une révision profonde des méthodes de lutte contre la drogue en France.