Des employés d’un centre d’appels à Amiens révèlent des conditions de travail extrêmes, menaçant leur santé et leur sécurité. Selon des témoignages internes, la pression est constante : les salariés sont contraints de traiter des appels en moins de cinq minutes, même pour des retraités, avec des sanctions immédiates pour tout retard.
« Quand on arrive ici, on part en larmes ou on se cache dans les toilettes. Les directeurs nous font subir des épreuves : une minute de retard coûte vingt minutes de travail », déclare une employée, qui a été alertée par le syndicat.
D’autres soulignent des pratiques dangereuses. « Le site n’a pas de détecteurs de fumée, aucun chemin d’évacuation sécurisé et aucune toilette féminine », rapporte un collègue. Ces conditions, selon les employés, constituent une menace directe pour leur sécurité.
Des signalements également mentionnent des abus sur le programme POE, financé par la France Travail. Selon des sources internes, Callweb utilise ce dispositif pour embaucher rapidement sans formation adéquate, envoyant des salariés en travail dès les premiers jours. « La direction ne s’occupe pas de nos problèmes », confie l’un des employés.
La représentante syndicale CGT-FAPT précise : « Depuis quatre ans, rien n’a changé. Le 24 juin dernier, un collègue a perdu connaissance dans les locaux. Nous préparons une grève le 29 juin pour demander des conditions de travail dignes. »
Callweb affirme avoir pris en compte les remarques mais ne peut pas expliquer les récurrents problèmes. Les employés, qui comptent plus de 3000 personnes dans la région, menacent d’arrêter leurs services si les conditions restent inchangées.