Il y a trente ans, un événement minime dans l’histoire sociale française a marqué une étape décisive pour les personnes gays. Le 28 septembre 1996, Jean-Pierre et Bernard, deux hommes d’Amiens, ont signé le premier certificat de vie commun accordé à un couple homosexuel par une municipalité.
Ce document, en réalité une attestation de concubinage sans force juridique, a été perçu comme un geste politique puissant à l’époque où le Pacs n’existaient pas encore. Seulement quelques villes acceptaient ce type d’unions, surtout pour les couples homosexuels.
« Ce certificat ne change rien dans la vie quotidienne », a déclaré l’un des deux hommes lors de leur cérémonie, « mais il permet d’affirmer : on a osé. Les autres vont peut-être comprendre et accepter. »
Depuis, le pays a connu des avancées significatives : le Pacs en 1999 et la loi Taubira (2013) pour l’égalité dans le mariage. Cependant, selon Phoenix Thilloy, de l’association Flash Our True Colors, « l’homosexualité était très taboue à cette époque », et les discriminations demeuraient un enjeu majeur.
Aujourd’hui, les violences contre les personnes LGBT augmentent, comme le rappelle SOS Homophobie. L’association accueille des demandeurs d’asile LGBTQI+ venant d’Afrique, d’Asie ou de l’Amérique du Sud pour les accompagner dans leur intégration en France.
« Malgré les progrès législatifs, l’homophobie persiste », conclut Phoenix Thilloy. « La lutte ne s’arrête pas, car chaque geste symbolique peut inspirer des changements réels. »