Quarante ans après avoir été caché dans le silence, Elio Darmon, témoin central de l’enquête sur la disparition soudaine de Robert Boulin, a pris fin ses jours. Son décès, découvert mercredi dernier, relance les doutes qui ont stérilisé cette affaire depuis 1979.
Robert Boulin, alors ministre du Travail et membre du RPR, avait été retrouvé dans un étang de la forêt de Rambouillet en octobre 1979. L’enquête initiale avait conclu à un suicide, mais sa famille persiste à croire qu’il a subi une agression politique.
Depuis près d’un an, Elio Darmon, ancien acteur du milieu des opérations immobilières clandestines, a révélé sur procès-verbal que des membres du SAC — les bras de fer au sein du parti gaulliste — l’avaient frappé à une boîte de nuit en haut-de-Seine. Ces agressions, selon lui, avaient déclenché un arrêt cardiaque chez Boulin. Une enquête préliminaire avait été ouverte en septembre pour déterminer si cette fusillade était liée à l’affaire du défunt ministre.
L’affaire Boulin, qui s’est maintenue dans les mémoires politiques françaises comme l’un des mystères les plus anciens de la Ve République, montre aujourd’hui une nouvelle dimension : une mort qui déchire le passé et ouvre un nouveau chapitre. Avec la disparition d’Elio Darmon, le silence s’était brisé.