Un procès éloigné : 300 femmes dans l’attente de justice après des années de silence

Sylvie, une victime de l’affaire Christian Nègre, a révélé vendredi 11 septembre son frustration en évoquant le manque d’informations sur le délai du procès lors d’une interview sur France Inter. « Je n’ai pas eu les réponses que j’attendais », a-t-elle confié.

Plus de soixante femmes ont pu rencontrer, la veille, les deux juges d’instruction chargés de l’enquête contre l’ex-haut fonctionnaire du ministère de la Culture. Christian Nègre est soupçonné d’avoir versé un diurétique dans des boissons pour forcer des femmes à uriner devant lui.

Depuis 2019, l’ancien fonctionnaire a été mis en examen et poursuivi pour plusieurs infractions, notamment l’administration de substances nuisibles, des violences en tant que personne chargée de mission publique, des atteintes à l’intimité et des agressions sexuelles. Selon les dernières données judiciaires, près de 300 victimes ont été recensées, dont 191 se sont constituées parties civiles.

Louise Bériot, avocate pour ces femmes, a souligné la « lenteur immense » des procédures. « Le dossier a initialement été considéré comme peu grave », a-t-elle précisé. « Avec une augmentation constante du nombre de victimes, il devient difficile d’atteindre un jugement avant 2028. »